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TEF Canada · Expression écrite

TEF Canada, section A de l’expression écrite : la suite d’un fait divers, méthode et copies corrigées

En section A de l’expression écrite du TEF Canada, vous avez 25 minutes pour écrire la suite d’un article de presse, en 80 mots au moins. Voici ce que les correcteurs attendent, une méthode en cinq étapes et un sujet corrigé aux niveaux NCLC 7 et NCLC 9, comparés phrase par phrase.

Sur cette page

Section A de l’expression écrite du TEF Canada : consigne, 25 minutes, 80 mots minimum

L’expression écrite du TEF Canada dure 60 minutes et comprend deux sections. La section A vous présente le début d’un fait divers ; vous écrivez la suite, comme si vous étiez le journaliste. Dans les exemples d’épreuves publiés par Le français des affaires, l’organisme qui conçoit le test, la consigne est simple : « Terminez cet article », en 80 mots au moins et en plusieurs paragraphes.

ÉlémentSection A
Durée25 minutes (la section B en demande 35)
Longueur80 mots minimum, sans maximum indiqué dans la consigne
DocumentLe début d’un fait divers : un incident, une découverte, un geste inattendu
TâcheRaconter la suite et la fin de l’événement, en plusieurs paragraphes
CorrectionDeux correcteurs indépendants, avec une grille standardisée

La grille officielle regroupe deux familles de critères : la qualité du texte (respect de la situation, organisation, clarté, capacité à développer et à préciser) et la maîtrise de la langue (lexique, syntaxe, temps et modes, orthographe). Restez dans la peau d’un journaliste : récit à la troisième personne, faits précis, ton neutre et une vraie fin.

À retenir

Les sections A et B donnent un seul score d’expression écrite, converti en niveau NCLC. D’après les tableaux d’IRCC, il faut de 428 à 471 sur 699 pour NCLC 7 et de 512 à 557 pour NCLC 9, soit 310 à 348, puis 371 à 392, en équivalence ancien score.

Notre conseil : visez 120 à 160 mots. C’est assez pour montrer votre français, et cela laisse cinq minutes de relecture.

Lire le début de l’article : qui, quoi, où, quand

Votre texte commence exactement là où l’article s’arrête. Avant d’écrire, notez au brouillon ce que le début vous impose :

  • Qui ? Les personnes citées, leur âge, leur nom : vous les reprendrez sans les rebaptiser.
  • Quoi ? L’événement et la question qu’il laisse ouverte : comment l’histoire finit-elle ?
  • Où et quand ? La ville, le lieu, le jour, l’heure : votre suite respecte cette chronologie.
  • Comment ? Le temps des verbes et le ton, que vous garderez.

Observez surtout la dernière phrase. Elle ouvre presque toujours une porte (« Les pompiers ont alors tenté une manœuvre inhabituelle ») : votre premier paragraphe doit y répondre. Puis appliquez cette méthode :

  1. Relever les faits (2 minutes). Qui, quoi, où, quand, et le temps des verbes.
  2. Choisir le dénouement (2 minutes). Décidez de la fin avant d’écrire : une issue réaliste.
  3. Prévoir trois paragraphes (1 minute). La suite immédiate, le rebondissement ou l’intervention, puis le dénouement et les réactions.
  4. Rédiger (15 minutes). Dans chaque paragraphe, un fait nouveau et un détail chiffré (heure, nombre, distance) ; dans le dernier, la parole d’un témoin entre guillemets.
  5. Relire (5 minutes). Temps des verbes, accords, nombre de mots.

Les temps du récit sans erreur

Un fait divers se raconte au passé. Toute la difficulté est de combiner les temps sans glisser de l’un à l’autre. Ce système fonctionne dans presque tous les sujets.

TempsEmploi dans l’articleExemple
Passé composéLes actions qui font avancer l’histoireLe chauffeur a fait demi-tour.
ImparfaitLe décor, les circonstances, les étatsIl pleuvait et la circulation était dense.
Plus-que-parfaitCe qui s’était produit avant le moment racontéIl avait remarqué l’étui sur la banquette.
ConditionnelUne information non confirmée, comme dans la presseL’incendie serait dû à un court-circuit.
PrésentLes paroles rapportées entre guillemets« Je n’en reviens toujours pas », confie-t-elle.
FuturLes suites annoncéesLa municipalité lui remettra un prix au printemps.

Piège

Trois fautes reviennent sans cesse : passer au présent sans raison au milieu du récit ; écrire « il a remarqué » au lieu de « il avait remarqué » pour une action antérieure ; oublier l’accord du participe avec être (« elle est arrivée »). À la relecture, passez une fois sur chaque verbe.

Sujet corrigé : la copie NCLC 7 et la copie NCLC 9

Un sujet de la banque d’entraînement du cours et ses deux copies modèles : les deux respectent la consigne, seules la précision et la langue les séparent.

Sujet d’entraînement

Course contre la montre pour un violon oublié

Montréal — Jeudi, vers 18 h, la violoniste Camille Bérard est descendue d’un taxi au centre-ville en oubliant sur la banquette arrière son instrument, un violon du XVIIIe siècle prêté par une fondation. Son concert commençait à 19 h 30, et elle ne connaissait ni le nom du chauffeur ni le numéro de la voiture.

Lisez le début de cet article. Écrivez la suite (au moins 80 mots) en imaginant ce qui s’est passé. Respectez le style d’un article de journal : récit à la troisième personne, faits précis, éventuellement le témoignage d’une personne présente.

Copie NCLC 7 · 124 mots

La musicienne a tout de suite appelé la compagnie de taxis, mais personne ne savait quelle voiture l’avait transportée. Elle a aussi publié un message sur les réseaux sociaux, et des centaines de personnes l’ont partagé en quelques minutes.

Pendant ce temps, le chauffeur, Ahmed Benali, avait remarqué l’étui sur la banquette. Il a compris que c’était un objet important et il a fait demi-tour. Mais il y avait beaucoup de circulation. Il est finalement arrivé à la salle de concert à 19 h 20, dix minutes avant le début.

« Je n’ai jamais joué avec autant d’émotion », a raconté la violoniste après le concert. Pour remercier le chauffeur, elle l’a invité à s’asseoir au premier rang. Il a refusé la récompense qu’elle lui proposait.

Copie NCLC 9 · 181 mots

Prise de panique, la musicienne a d’abord appelé la centrale de taxis, sans succès : faute de numéro de voiture, impossible d’identifier le véhicule. Elle a alors lancé un appel sur les réseaux sociaux, partagé plus de deux mille fois en moins d’une heure.

Le chauffeur, Ahmed Benali, ignorait tout de cette agitation. C’est en déposant un autre client, une vingtaine de minutes plus tard, qu’il a aperçu l’étui noir sur la banquette. « Je ne connais rien à la musique classique, mais j’ai compris que quelqu’un devait être dans tous ses états », raconte-t-il. Se souvenant d’avoir déposé une femme devant une salle de concert, il a aussitôt rebroussé chemin, malgré la circulation dense de l’heure de pointe.

À 19 h 22, il a franchi les portes de la salle, l’étui à la main, sous les applaudissements du personnel. Huit minutes plus tard, Camille Bérard entrait en scène. « J’ai joué ce soir-là avec une gratitude que je n’avais jamais ressentie », confie-t-elle.

Le chauffeur a décliné toute récompense. Il a seulement accepté une invitation : assister au prochain concert de la violoniste, au premier rang.

Ce qui fait la différence : la copie NCLC 7 remplit la tâche : mêmes personnages, horaire respecté, dénouement clair, une citation. Mais ses phrases suivent le même moule et ses liens se limitent à « mais » et « finalement ». La copie NCLC 9 raconte la même histoire avec des détails précis, des phrases construites autour d’un participe, une explication du narrateur et une chute travaillée.

Le même sujet en NCLC 9 : ce qui change

Comparez les deux copies : six transformations expliquent l’écart, et toutes se transposent à n’importe quel sujet.

Copie NCLC 7Copie NCLC 9Ce que le correcteur remarque
La musicienne a tout de suite appelé la compagnie de taxis…Prise de panique, la musicienne a d’abord appelé la centrale de taxis, sans succès.Participe en tête de phrase, étape annoncée (« d’abord »), mot précis
… et des centaines de personnes l’ont partagé en quelques minutes.… un appel sur les réseaux sociaux, partagé plus de deux mille fois en moins d’une heure.Un chiffre exact rend l’article crédible
Il a compris que c’était un objet important et il a fait demi-tour.Se souvenant d’avoir déposé une femme devant une salle de concert, il a aussitôt rebroussé chemin.Participe présent, infinitif passé, verbe imagé
Mais il y avait beaucoup de circulation.… malgré la circulation dense de l’heure de pointe.L’obstacle devient une concession, intégrée à la phrase
Il est finalement arrivé à la salle de concert à 19 h 20…À 19 h 22, il a franchi les portes de la salle, l’étui à la main, sous les applaudissements du personnel.Une scène que l’on voit, grâce aux compléments détachés
Il a refusé la récompense qu’elle lui proposait.Le chauffeur a décliné toute récompense. Il a seulement accepté une invitation.Verbe plus juste et dernière phrase qui surprend

Aucune de ces transformations ne demande de vocabulaire rare. Elles reposent sur trois réflexes : préciser (un chiffre, une heure, un geste), relier (participe, concession, cause) et choisir le verbe exact. La copie NCLC 9 ajoute aussi une explication (« faute de numéro de voiture, impossible d’identifier le véhicule ») : c’est ce que la grille appelle développer et préciser.

Six erreurs qui font perdre des points

  • Écrire à la première personne. Le « je » n’apparaît que dans les citations.
  • Contredire le début. Une heure, un lieu ou un nombre modifiés montrent une lecture trop rapide.
  • Résumer le début au lieu de le poursuivre. Les mots recopiés ne montrent rien de votre français.
  • S’arrêter au milieu de l’action. Sans dénouement, la tâche n’est pas réalisée.
  • Choisir une fin invraisemblable. Un fait divers reste crédible.
  • Rester sous 80 mots ou écrire un seul bloc. La consigne exige la longueur et les paragraphes.

Sujets d’entraînement pour la section A

Choisissez un début d’article, réglez un minuteur sur 25 minutes et écrivez la suite. Le jour du test, vous aurez le titre et les premières lignes de l’article.

  1. Moncton — Mardi soir, un autobus de la ligne 51 est resté coincé sous un viaduc pendant deux heures, avec vingt-trois passagers à bord.
  2. Lausanne — Depuis lundi, un cygne a élu domicile sur la terrasse d’un restaurant du bord du lac, au grand étonnement des clients.
  3. Ottawa — Un livre emprunté en 1987 a été rapporté hier à la bibliothèque publique, accompagné d’une lettre d’excuses et d’un billet de vingt dollars.
  4. Cotonou — Privés d’électricité depuis trois jours, les commerçants d’un grand marché ont trouvé une solution inattendue pour continuer à travailler.
  5. Trois-Rivières — Un concours de soupe organisé dans un sous-sol d’église a attiré samedi plus de six cents personnes, quatre fois plus que prévu.
  6. Charlevoix — Partie cueillir des bleuets dimanche matin, une famille s’est retrouvée face à face avec une ourse et ses deux oursons.

Le cours contient 15 sujets complets de section A avec leurs copies NCLC 7 et NCLC 9, et la section A figure dans chacun des 10 examens blancs TEF Canada. Pour la vue d’ensemble, lisez notre page sur l’expression écrite du TEF Canada, puis passez à la section B, le texte argumenté.

Faire corriger votre texte

On voit mal ses propres fautes de temps ou d’accord. Sur le site, l’Examinateur virtuel corrige votre suite d’article selon les critères de l’épreuve : niveau NCLC, erreurs surlignées, trois conseils pour gagner un niveau et réécriture au niveau NCLC 9, à comparer phrase par phrase avec votre copie.

Conseil

Avant d’envoyer, vérifiez : un premier paragraphe qui répond à la dernière phrase de l’article, aucun « je » hors des citations, un chiffre et une citation, plus de 80 mots en plusieurs paragraphes.

Questions fréquentes

Combien de mots faut-il écrire en section A du TEF Canada ?

Au moins 80 mots, comme l’indique la consigne officielle. Visez 120 à 160 mots : c’est suffisant pour montrer votre niveau et cela laisse le temps de relire.

Peut-on écrire la suite à la première personne ?

Évitez-le : vous terminez un article de journal, donc vous racontez à la troisième personne. Le « je » trouve sa place dans les paroles des témoins, entre guillemets.

Peut-on inventer des noms, des chiffres et des témoignages ?

Oui, c’est même attendu : vous imaginez la suite de l’événement. Restez cohérent avec le début de l’article et vraisemblable.

Combien de temps dure la section A ?

25 minutes, sur les 60 minutes de l’épreuve d’expression écrite. Les 35 minutes suivantes sont consacrées à la section B.

Quel score faut-il en expression écrite pour NCLC 7 ?

D’après les tableaux d’IRCC, de 428 à 471 sur 699, soit de 310 à 348 en équivalence ancien score. Ce score couvre les sections A et B ensemble.

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