L’exigence : NCLC 4 à l’oral
Si vous avez de 18 à 54 ans le jour où vous signez votre demande de citoyenneté, vous devez prouver que vous parlez et comprenez le français ou l’anglais au niveau 4 ou plus des Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC). Seules l’expression orale et la compréhension de l’oral sont évaluées : ni la lecture ni l’écriture (Admissibilité à la citoyenneté, canada.ca).
Le niveau 4, c’est un français de base pour la vie courante. D’après IRCC, il s’agit de pouvoir prendre part à de courtes conversations sur des sujets courants, comprendre des instructions simples, employer des structures et des temps simples, et disposer d’assez de vocabulaire pour répondre à des questions et vous exprimer.
IRCC évalue ce niveau de trois façons :
- par la preuve que vous joignez à votre demande ;
- en observant la façon dont vous communiquez avec un agent pendant le traitement de votre dossier ;
- au besoin, lors d’une évaluation avec un agent de la citoyenneté.
Les personnes de la même tranche d’âge passent aussi l’examen pour la citoyenneté : c’est une exigence distincte du niveau de langue.
À retenir
Pour la citoyenneté, il ne faut ni NCLC 7 ni les quatre compétences : seul l’oral compte, au niveau 4. Mais la preuve doit être recevable : une preuve manquante, illisible ou rédigée dans une autre langue sans traduction certifiée entraîne le renvoi de la demande.
Les preuves acceptées
IRCC présente les preuves acceptées en plusieurs étapes, à partir de sa page Preuve des compétences linguistiques. Dans l’ordre :
- Un diplôme obtenu en français ou en anglais. Études secondaires ou postsecondaires, au Canada ou à l’étranger : copie du diplôme, du relevé de notes ou du certificat, ou preuve d’inscription en cours. Un document rédigé dans une autre langue doit être accompagné d’une traduction certifiée indiquant que le programme était donné en français ou en anglais.
- Un résultat de test joint à votre demande de résidence permanente. S’il atteint le niveau demandé, IRCC indique d’en joindre une copie, même s’il est expiré.
- Une formation linguistique financée par le gouvernement (CLIC ou LINC) terminée au niveau 4 des NCLC ou plus à l’écoute et à l’oral.
- Certains programmes provinciaux, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec. Au Québec, par exemple : une évaluation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) ou un relevé des apprentissages en francisation, au niveau 4 ou plus de l’échelle québécoise.
- Un test linguistique passé maintenant, parmi ceux que reconnaît IRCC.
Pour le français, les tests acceptés sont le TEF Canada, le TEFAQ, le TEF IRN, le TCF Canada et le TCF Québec, ainsi que le DELF (B1 ou plus) et le DALF (liste des tests acceptés, canada.ca). Contrairement à Entrée express, la citoyenneté accepte donc aussi les versions québécoises des deux tests.
Le résultat à obtenir au TCF ou au TEF
C’est ici que beaucoup de candidats se trompent. L’exigence générale est le niveau 4 des NCLC ; mais pour le TEF Canada, le TEFAQ, le TEF IRN, le TCF Canada et le TCF Québec, la page d’IRCC exprime le résultat demandé sur l’échelle du CECR : B1 ou plus (B2, C1 ou C2) en compréhension et en expression orales.
Au TCF, l’écart entre les deux repères est réel. Comparez le tableau d’équivalence NCLC d’IRCC, que reprend notre convertisseur score ↔ NCLC, et l’échelle du TCF publiée par France Éducation international :
| Épreuve du TCF | NCLC 4 (tableau d’IRCC) | B1 (échelle du TCF) |
|---|---|---|
| Compréhension orale (sur 699) | 331 – 368 | 300 – 399 |
| Expression orale (sur 20) | 4 – 5 | 6 – 9 |
À l’oral, 4 ou 5/20 correspond à NCLC 4 dans le tableau d’IRCC, mais au niveau A2 sur l’échelle du TCF, donc sous le B1 qu’IRCC indique pour la citoyenneté. Visez au moins 6/20 à l’oral et 331 à l’écoute, et entraînez-vous avec de la marge : 8 ou 9/20 à l’oral, autour de 400 à l’écoute.
Au TEF Canada, vérifiez de même le niveau B1 à l’écoute et à l’oral, selon la correspondance indiquée par l’organisme. Le français des affaires précise que, pour la citoyenneté, seules la compréhension orale et l’expression orale sont obligatoires (présentation du TEF Canada). Pour le TCF Canada, demandez au centre quelles épreuves passer pour une demande de citoyenneté.
Conseil
Vous avez déjà passé le TEF Canada ou le TCF Canada pour votre résidence permanente ? Relisez votre attestation avant de vous réinscrire. Si votre résultat atteint B1 ou plus à l’écoute et à l’oral et qu’il était joint à votre demande de résidence permanente, IRCC indique de le joindre à votre demande de citoyenneté, même s’il est expiré (étape 2, canada.ca).
Se préparer à l’oral en quelques semaines
Pour atteindre B1 à l’oral, inutile de viser une langue recherchée : il faut comprendre sans faire répéter sans cesse, répondre par des phrases complètes et tenir quelques minutes sur des sujets de la vie courante. Si vous parlez déjà français au quotidien, quelques semaines de travail régulier, ciblé sur le format, peuvent faire la différence.
- Écoutez 15 minutes par jour. Radio, bulletins de nouvelles, balados, avec des voix de France et du Québec : l’oreille progresse par une exposition régulière, pas par de longues séances.
- Préparez six sujets sur vous. Famille, logement, travail, routine, loisirs, projets : ce sont les thèmes de l’entretien qui ouvre l’oral du TCF Canada, et ceux d’une conversation courante.
- Maîtrisez trois temps. Le présent, le passé composé et le futur proche suffisent pour décrire, raconter et parler de vos projets. Au niveau B1, ils doivent surtout être justes.
- Entraînez-vous à interagir. Demander une précision, faire répéter poliment, reformuler (« Vous voulez dire que… ? ») : comprendre une question fait partie de la compétence évaluée.
- Enregistrez-vous. Une réponse enregistrée révèle les hésitations, les phrases inachevées et les mots qui manquent. La correction de l’oral par l’Examinateur virtuel (transcription, débit, hésitations) sert exactement à cela.
Voici un sujet de la tâche 1 de l’expression orale du TCF Canada (l’entretien dirigé : 2 minutes, sans préparation), avec deux réponses modèles du cours. Elles dépassent nettement le niveau demandé pour la citoyenneté : elles montrent la direction, pas le minimum.
Sujet d’entraînement
L’examinateur vous pose des questions sur votre routine : vos matins, vos soirées, la différence entre la semaine et le dimanche. Répondez de façon complète et naturelle, sans réciter.
Questions : « À quelle heure vous levez-vous le matin ? » ; « Que faites-vous avant de partir au travail ? » ; « Comment se passent vos soirées ? » ; « Et le dimanche, c’est différent ? »
Transcription NCLC 7 · 108 mots
Bonjour. Je m’appelle Samuel Ngono, j’ai trente-six ans et j’habite à Yaoundé, au Cameroun. Je suis gestionnaire de stock dans une entreprise de distribution. Je me lève à cinq heures et demie, parce que la circulation est difficile le matin. D’abord, je prends une douche, puis je prépare le petit-déjeuner pour mes deux enfants. Ma femme les emmène à l’école et moi, je pars au travail à six heures et demie. Le soir, je rentre vers dix-huit heures. J’aide les enfants à faire leurs devoirs, puis on dîne ensemble. Le dimanche, c’est différent : on va au marché le matin et l’après-midi, on rend visite à mes parents.
Transcription NCLC 9 · 127 mots
Bonjour. Je m’appelle Samuel Ngono, j’ai trente-six ans et je suis gestionnaire de stock dans une entreprise de distribution, à Yaoundé. Mes journées commencent tôt : je me lève à cinq heures et demie, car après six heures et demie, la circulation devient vraiment impossible. Avant de partir, c’est moi qui prépare le petit-déjeuner des enfants ; c’est un petit moment de calme que j’aime beaucoup, avant que toute la maison se réveille. Le soir, je rentre vers dix-huit heures, je vérifie les devoirs, et nous dînons tous ensemble, sans téléphone à table : c’est la règle de la maison. Le dimanche, en revanche, on oublie l’horloge. On fait le marché en famille, puis on passe souvent l’après-midi chez mes parents, à l’autre bout de la ville.
Ce qui fait la différence : la réponse NCLC 7 traite chaque question, dans l’ordre, avec des phrases simples et justes reliées par « d’abord », « puis », « parce que » : c’est déjà bien au-dessus du niveau 4. La réponse NCLC 9 ajoute des explications (« c’est un petit moment de calme que j’aime beaucoup »), une opposition (« en revanche ») et des tournures plus naturelles (« on oublie l’horloge »). Pour la citoyenneté, retenez la méthode de la première : répondre à tout, dans l’ordre, avec un détail concret par question.
Vérifier son niveau gratuitement
Le test de niveau gratuit mesure votre compréhension de l’oral et de l’écrit en 10 questions, du niveau B1 au niveau C2. Si votre résultat à l’écoute est NCLC 6 ou plus, la compréhension orale a peu de chances d’être votre point faible. Comme le test commence au niveau B1, un résultat « NCLC 5 ou moins » ne dit pas, en revanche, si vous avez atteint le niveau 4 : il indique seulement que les documents B1 vous posent encore des difficultés.
Pour l’oral, le meilleur test est un enregistrement : répondez à voix haute aux quatre questions du sujet ci-dessus, pendant deux minutes, puis réécoutez-vous. Avez-vous répondu à tout ? Vos phrases sont-elles complètes ? Vos silences durent-ils plus de deux ou trois secondes ? Si vous préparez le TCF ou le TEF Canada, l’accès complet permet aussi de faire corriger vos réponses orales sans limite, avec un niveau NCLC à chaque essai.