Section B de l’expression écrite du TEF Canada : consigne, 35 minutes, 200 mots minimum
Après la suite d’article, la section B change d’exercice : on vous présente une affirmation tranchée, extraite d’un journal, et vous écrivez pour dire ce que vous en pensez. Dans les exemples d’épreuves publiés par Le français des affaires, la consigne demande une lettre au journal de 200 mots minimum, avec au moins trois arguments.
| Élément | Section B |
|---|---|
| Durée | 35 minutes, après les 25 minutes de la section A |
| Longueur | 200 mots minimum, sans maximum indiqué dans la consigne |
| Document | Une affirmation, par exemple « Il faut supprimer la publicité à la télévision » (exemple officiel) |
| Forme | Une lettre au journal (dans nos sujets, aussi un message de forum) |
| Attendu | Une opinion claire, défendue par au moins trois arguments illustrés |
| Correction | Deux correcteurs indépendants, avec une grille standardisée |
Les critères sont ceux de la section A (qualité du texte, maîtrise de la langue), mais la clarté de l’argumentation et la capacité à nuancer passent ici au premier plan. Trois idées alignées sans explication restent au niveau intermédiaire ; un texte qui développe, illustre et répond à l’avis contraire montre un niveau avancé.
À retenir
Les deux sections forment un seul score d’expression écrite. Selon les tableaux d’IRCC, NCLC 7 demande de 428 à 471 sur 699, et NCLC 9 de 512 à 557 (convertir un score en NCLC).
Notre conseil : visez 230 à 280 mots. Au-delà, les fautes augmentent plus vite que la qualité.
Trouver trois arguments en deux minutes
Le blocage le plus fréquent en section B n’est pas la langue, c’est l’idée. Passez l’affirmation au crible de quelques angles : presque tous les sujets se traitent avec trois d’entre eux. Exemple avec le sujet corrigé plus bas, sur les courriels professionnels après 18 h.
| Angle | Question à se poser | Idée trouvée sur ce sujet |
|---|---|---|
| Santé | Qu’est-ce que cela change pour le corps et l’esprit ? | Un vrai repos le soir, moins d’épuisement |
| Efficacité et argent | Qui gagne ou perd du temps, de l’argent, de la productivité ? | Un employé reposé fait moins d’erreurs |
| Égalité | Qui est avantagé ou désavantagé aujourd’hui ? | Les parents ne peuvent pas répondre à 22 h |
| Vie sociale et famille | Qu’est-ce que cela change pour les relations ? | Plus de temps pour les proches |
| Faisabilité | Est-ce applicable partout, tout de suite ? | Métiers d’urgence, équipes réparties sur plusieurs fuseaux horaires |
Gardez trois angles favorables à votre position (vos trois arguments) et un angle contraire (votre concession, suivie de votre réponse). Puis trouvez un exemple par argument : une expérience personnelle, une situation de votre ville, une mesure prise ailleurs.
Conseil
Préparez avant le test un exemple « passe-partout » par angle : un souvenir professionnel, une initiative de votre quartier, une décision publique que vous connaissez bien. Ils s’adaptent à la plupart des sujets.
Plan type d’un texte argumenté
| Partie | Contenu | Longueur indicative |
|---|---|---|
| Formule d’appel | « Madame, Monsieur, » pour une lettre ; « Bonjour à tous, » sur un forum | — |
| Introduction | L’affirmation reprise avec vos mots, puis votre position | 30 à 40 mots |
| Arguments 1, 2 et 3 | Pour chacun : l’idée, son explication, un exemple | 40 à 60 mots chacun |
| Concession et réponse | Reconnaître l’avis contraire, puis en montrer les limites | 30 à 40 mots |
| Conclusion | Votre position résumée, éventuellement une proposition | 20 à 30 mots |
| Formule finale | « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. » pour une lettre | — |
Ce plan donne un texte de 200 à 290 mots. Sur 35 minutes, comptez environ 6 minutes de plan, 24 de rédaction et 5 de relecture. Le destinataire fixe le registre : on vouvoie un journal ; un forum permet un ton plus direct, dans un français tout aussi soigné.
Sujet corrigé : NCLC 7 puis NCLC 9
Un sujet de la banque d’entraînement du cours et ses deux copies modèles : cherchez ce que la seconde fait de plus.
Sujet d’entraînement
Vous lisez cette affirmation sur un forum consacré à la vie professionnelle :
« Les employés ne devraient plus recevoir aucun courriel professionnel après 18 h ni pendant la fin de semaine. »
Vous écrivez un message sur ce forum pour donner votre opinion (au moins 200 mots). Développez au moins trois arguments et illustrez-les par des exemples.
Copie NCLC 7 · 237 mots
Bonjour à tous,
Cette proposition m’intéresse beaucoup, parce que je vis ce problème tous les jours. Je suis d’accord avec l’idée générale, mais je pense qu’il faut prévoir des exceptions.
Premièrement, les employés ont besoin de se reposer. Quand on reçoit des courriels le soir, on continue à penser au travail et on ne se repose jamais vraiment. Dans mon ancien emploi, mon gestionnaire m’écrivait souvent à 22 h. Je n’arrivais plus à dormir, et après un an, j’étais épuisée.
Deuxièmement, cette règle protégerait la vie de famille. Le soir et la fin de semaine, c’est le moment de s’occuper des enfants, de voir ses amis ou de faire du sport. Si on regarde son téléphone toutes les dix minutes, on n’est pas vraiment présent pour ses proches.
Troisièmement, un employé reposé travaille mieux. Il fait moins d’erreurs et il a plus d’idées. Plusieurs entreprises ont bloqué l’envoi des courriels après une certaine heure, et leurs employés sont plus motivés.
Cependant, certaines professions ne peuvent pas suivre cette règle. Les médecins, les techniciens informatiques ou les journalistes doivent parfois réagir rapidement en cas d’urgence. Il faut aussi penser aux entreprises qui travaillent avec d’autres pays et d’autres fuseaux horaires.
En conclusion, je suis favorable au droit à la déconnexion, mais avec des règles adaptées à chaque métier. L’important, c’est que personne ne se sente obligé de répondre le soir.
Bonne soirée à tous… loin de vos courriels !
Copie NCLC 9 · 266 mots
Bonjour à tous,
Interdire purement et simplement les courriels après 18 h peut paraître rigide. Sur le fond, pourtant, je crois que le droit à la déconnexion est devenu une nécessité, et qu’il ne peut plus reposer sur la seule bonne volonté des employeurs.
Mon premier argument relève de la santé. Le téléphone professionnel a effacé la frontière entre le bureau et la maison. Recevoir un message de son supérieur à 21 h, c’est rester mentalement au travail toute la soirée, même sans répondre. J’en ai fait l’expérience : après deux ans de disponibilité permanente, mon médecin m’a prescrit un arrêt de travail pour épuisement.
Le deuxième argument concerne l’égalité. Ceux qui peuvent répondre à toute heure, souvent sans enfants ni proches à charge, passent pour plus engagés. Les parents, et en particulier les mères, en paient le prix dans leur évaluation et leur avancement. Une règle commune protège précisément ceux qui ne peuvent pas se permettre d’être toujours connectés.
Troisième argument : l’efficacité. La disponibilité constante n’est pas synonyme de productivité. Une équipe reposée prend de meilleures décisions qu’une équipe qui traite ses courriels à minuit.
Plusieurs législateurs l’ont compris : la France a reconnu ce droit dès 2017, et l’Ontario oblige depuis 2022 les employeurs d’une certaine taille à adopter une politique en la matière.
Reste à tenir compte des métiers d’urgence et des équipes réparties sur plusieurs fuseaux horaires. Une solution simple existe : généraliser l’envoi différé, et préciser que tout message reçu hors des heures de travail n’appelle aucune réponse avant le lendemain.
Ce n’est pas la technologie qu’il faut éteindre, mais l’obligation implicite d’y répondre.
Ce qui fait la différence : la copie NCLC 7 est solide : position claire, trois arguments annoncés, un exemple vécu, une concession. Mais ses arguments sont énoncés plus qu’analysés, et ses phrases se ressemblent. La copie NCLC 9 s’ouvre sur une concession (« peut paraître rigide. Sur le fond, pourtant… »), nomme chaque argument par sa nature, pousse l’argument d’égalité jusqu’à une conséquence inattendue (les parents pénalisés dans leur avancement), propose une solution concrète et finit sur une formule qui résume sa thèse.
Connecteurs et formules qui structurent
Les connecteurs rendent votre plan visible. Le tableau oppose les formules typiques d’une copie NCLC 7 à des équivalents plus précis.
| Fonction | Copie NCLC 7 | Copie NCLC 9 |
|---|---|---|
| Annoncer sa position | Je suis d’accord avec cette idée. | Je souscris pleinement à cette proposition, pour trois raisons. |
| Enchaîner les arguments | Premièrement, deuxièmement, de plus | En premier lieu, par ailleurs, enfin et surtout |
| Illustrer | Par exemple, … | C’est le cas notamment de… ; prenons l’exemple de… |
| Expliquer une cause | parce que, car | dans la mesure où, étant donné que |
| Tirer une conséquence | donc, alors | si bien que, c’est pourquoi, dès lors |
| Concéder, puis répondre | Bien sûr…, mais… | Certes…, il n’en reste pas moins que… ; on objectera que…, or… |
| Conclure | En conclusion, … | En somme, … ; pour toutes ces raisons, … |
Accumuler ces formules ne suffit pas : un correcteur repère vite une phrase plaquée. Choisissez celle qui exprime le lien logique exact. La liste complète est dans notre guide des connecteurs logiques pour l'expression écrite.
Piège
Les erreurs qui coûtent le plus cher : changer de position en cours de route ; trois arguments d’une phrase chacun, sans exemple ; le même connecteur à chaque paragraphe ; oublier les formules de la lettre ou tutoyer le journal ; s’arrêter à 190 mots ; écrire 400 mots sans relire.
Sujets d’entraînement pour la section B
Faites votre plan en 6 minutes, puis rédigez en 29 minutes, relecture comprise.
- Sur le site d’un journal : « Les téléphones portables devraient être interdits dans toutes les écoles secondaires. »
- Dans un magazine de consommation : « Les supermarchés devraient être obligés de donner leurs invendus alimentaires aux associations. »
- Sur le blogue d’un magazine consacré à l’éducation : « Le code informatique devrait être enseigné dès l’école primaire. »
- Sur un forum étudiant : « Les jeunes devraient consacrer une année à un service civique avant d’entrer à l’université. »
- Sur un forum consacré à la vie professionnelle : « Tous les salariés devraient être formés aux gestes de premiers secours. »
- Sur le site d’un journal : « Les pourboires devraient être remplacés par des salaires plus élevés. »
Le cours contient 15 sujets complets de section B avec leurs copies NCLC 7 et NCLC 9, et chacun des 10 examens blancs au format du TEF Canada comprend une section B chronométrée. Vue d’ensemble : notre page sur l’expression écrite du TEF Canada ; première partie : la section A, la suite d'un fait divers. À l’oral, la section B de l'expression orale demande les mêmes réflexes.
Faire corriger votre texte
Un texte argumenté se juge sur sa logique autant que sur sa langue, ce qui est difficile à évaluer seul. L’Examinateur virtuel corrige votre lettre selon les critères de l’épreuve : niveau NCLC, erreurs surlignées, trois conseils pour gagner un niveau et réécriture au niveau NCLC 9.
Conseil
Avant d’envoyer, relisez votre introduction puis votre conclusion : elles doivent défendre la même position. Vérifiez ensuite que chaque argument a son exemple.